POUR DIFFUSION IMMÉDIATE 23 juin 2022
Le moment est venu d’investir dans la communauté
Ottawa (Ontario)/Territoire algonquin – Des représentants d’organisations nationales de premier plan qui se consacrent aux droits de la personne au sein du système de justice pénale renforcent leur rôle de chefs de file expérimentés et compétents en matière de services correctionnels communautaires, à la lumière de l’introduction hier par le ministre Mendicino du Cadre fédéral de réduction de la récidive (CFRR) de Sécurité publique Canada au Parlement.
Depuis des décennies, les groupes communautaires recherchent les investissements durables et à long terme dont ils ont désespérément besoin pour réaliser des progrès complets et significatifs dans le domaine de la justice et des services correctionnels au Canada. Pourtant, même si 41 % de la population carcérale fédérale réside dans la collectivité, seulement 6,5 % du budget de 2,6 milliards de dollars du Service correctionnel du Canada est consacré à la surveillance communautaire.
Le cadre représente une formidable occasion de reconnaître que la récidive survient dans la communauté, souvent en raison d’une discrimination systémique et d’un manque de soutien et de services. Sans stabilité financière, sans abri fiable, sans sécurité alimentaire et sans accès aux services de santé, d’autres possibilités se ferment, laissant peu de choix significatifs aux gens pour se réinsérer avec succès dans nos communautés.
L’ANIJC et ses membres exhortent les gouvernements et les parlementaires à investir dans les ressources communautaires et à s’attaquer entièrement aux obstacles systémiques, assurant ainsi un plan de mise en œuvre sûr, efficace et humain dans tous les systèmes, juridictions et départements, conformément au document du groupe de travail de l’ANIJC publié en avril, Reducing Recidivism : Shifting the Paradigm to Invest in Community.
Nous ne pouvons plus accepter la discrimination systémique, ouverte et cachée dont sont victimes les Autochtones et les Canadiens noirs dans le système de justice pénale ni accepter qu’environ 30 % des personnes qui quittent le système correctionnel n’aient pas de foyer d’accueil. De plus, nous ne pouvons plus accepter le traumatisme de toute une vie, l’implication accrue dans les systèmes de protection de l’enfance et les trajectoires de vie vers la criminalisation que les enfants de parents incarcérés risquent de vivre à moins que – collectivement – nous puissions fournir des interventions et des encouragements qui sont uniques à leurs expériences. Nous ne pouvons atteindre nos objectifs communs en maintenant le statu quo. Au contraire, une approche intersectorielle et socialement responsable de la mise en œuvre qui met l’accent sur la collectivité peut être rentable, humaine et répondre de manière significative à nos objectifs communs de réduction des préjudices et de la victimisation.
Nous disposons des preuves, de l’expérience, des outils, des programmes et des services nécessaires pour réduire notre dépendance à l’égard de l’incarcération, pour offrir des solutions de rechange transformatrices à la punition et pour soutenir les gens là où ils en sont grâce à la recherche, à la collaboration, à la compassion et à l’espoir. Il est maintenant temps d’investir dans les individus et les collectivités et de rétablir le Canada en tant que chef de file mondial en matière de droits de la personne et de justice.
Les Associations nationales intéressées à la justice criminelle (ANIJC) regroupent actuellement 19 organisations membres du secteur bénévole qui contribuent à un système de justice pénale humain, juste, équitable et efficace. Elles défendent les droits de la personne et s’engagent en faveur de la recherche, du développement social et de la valeur inhérente à tous les êtres humains. Avec un leadership et une expertise qui s’étend sur tout le continuum de justice pénale, les membres de l’ANIJC sont idéalement placés pour stimuler et éclairer les idées et les initiatives par le dialogue et la compréhension avec les partenaires de Sécurité publique Canada et d’autres.
Contact :
Susan Haines, directrice générale
613-761-1032
naacj.org